Devenue
la bande sonore monotone de ces derniers mois la pluie tombait à
verse, comme d’accoutumée, une pluie lourde, épaisse. Elle
ruisselait sur les plaines boueuses de la Zone 2123A, traçant des
rigoles qui scintillaient comme autant de lanternes noyées dans la
nuit permanente. À 14h20, sur la colonie 14402, personne ne savait
vraiment si l’heure signifiait quelque chose. Le jour ressemblait
au soir, et le soir à une fin du monde perpétuelle.
Une pluie épaisse, presque vivante, s’abattait sur la Zone 2123A depuis tellement longtemps que les hommes avaient oublié le parfum d’un sol sec. On disait souvent que cette zone n’appartenait à personne. En vérité, elle appartenait à la pluie.
Une colonne d’une vingtaine de véhicules du régiment d’artillerie avançait en cahotant, déchirant la boue sous des gerbes épaisses. Le1213e Régiment d’Artillerie des Unités Spéciales DARGON avançait en éclaboussant l’horizon. Chaque flaque reflétait les phares des véhicules comme des lanternes jetées au hasard dans une nuit sans lune.
De vieux canons automoteurs bringuebalants roulaient à tombeau ouvert, comme si le diable lui même était a leur tête. Des véhicules a la limite de la réforme, ils couinent, comme une vielle chanson qui vous scie les nerf. Les vibration a bort sous les impactes dû aux irrégularité de la route se faisant ressentir dans les tripe de chaque soldat. Poussés par des moteurs épuisés et une fatalité silencieuse.
À l'intérieur du véhicule la vieille tôle vibrait sous chaque impact. Les oreilles bourdonnaient, le sol claquait, les nerfs étaient scindés en lambeaux par des chansons diffusées trop fort et des rires qui tenaient encore debout par révolte. Quinze artilleurs entassés, serrés les uns contre les autres, quinze façons différentes d'échapper, même pour un instant, à la pesanteur du présent.
Un des artilleurs mit de la musique : une mélodie pop martiale, populaire sur la colonie.
Il soupira profondément Félix Bret, 27 ans, posa son front contre la tôle froide. Ses mains, crispées sur son fusil, tremblaient malgré lui.
Il écoutait les autres plaisanter, essayer de se convaincre que tout allait bien. Ça le touchait, ce théâtre brut : cette façon qu’ils avaient de tendre un voile d’humour grossier sur une réalité qui les dévorait de l’intérieur.
Félix se renfrogna. L’humour potache, il connaissait. Depuis toujours, il était le gars trop intelligent, celui qui dérangeait. Enfant déjà, il avait porté cette étiquette comme un poids. Plus tard, chez les DARGON, on l’avait cantonné aux tâches ingrates, mis à l’écart comme un paria silencieux.
Il se souvenait des bureaux gris du commandement, des regards méfiants, de cette intelligence qu’on lui reprochait presque d’avoir. Trop lucide, trop incisif, trop… gênant.
Alors on l’avait “placé” ici.
Sur cette zone de rien, cette tâche sans valeur stratégique, juste bonne à enterrer les indésirables.
Félix souriait mécaniquement. Il avait vingt-sept ans. Trop intelligent, disait-on, ce qui revenait ici à être gênant. Trop de conscience de soi dans un monde qui exigeait obéissance et silence. On l'avait mis à l'écart, relégué à ce régiment comme on met une pièce sur une étagère : utile, mais qu'on préférait oublier. Il regarda ses mains — larges, calleuses — et pensa à l'enfance, aux grimaces qu'il avait provoquées chez les autres parce qu'il savait un peu trop. Il se disait parfois que, si seulement il avait su mentir mieux, jouer l'imbécile, il aurait gravi les échelons. Mais la vérité est un talisman qu'on ne peut pas toujours ranger dans la poche.
Un éclat de rire général secoua le blindé, malgré la tension palpable. On se moquait, on se chamaillait, juste pour oublier l’inquiétude rampante qui collait aux tripes.
— « C’est Bret qui va vomir le premier, moi j’dis ! »
— « Tu rigoles ? Il s’est entraîné toute la nuit, regarde-le ! On dirait un moine en méditation ! »
— « Hé Bret, si tu tiens encore dix minutes sans repeindre la cabine, j’te file ma barre prot’ ! »
On riait.
Arnold,
un vétéran d’une quarantaine d’années, leva les yeux au ciel.
— « Vous deux… Si un jour vous survivez à tout ça, vous pourrez écrire un guide de survie : Comment chialer et vomir sur le front kavouri. »
Un éclat de rire général secoua le blindé, malgré la tension palpable. On se moquait, on se chamaillait, juste pour oublier l’inquiétude rampante qui collait aux tripes.
À l’intérieur de l’un d’eux, Félix Bret, pâle comme un linge, luttait contre les vagues nauséeuses qui lui martelaient le ventre.
— « Je vous jure… encore un cahot et j’me vide là, maintenant… »
— « Félix Si tu vomis, vise les bottes de Commo, il a parié qu’elles survivraient à tout ! » lança en ricanant Rino.
— « Je… je vous déteste… » grogna Félix, serrant sa poitrine en respirant par le nez.
L'enceinte connecté grésillais les dernières musiques à la mode, on écoutait des tubes vaguement patriotique.
L’ambiance, malgré la tension, oscillait entre bravade et humour potache.
Ils riaient.
Un rire crispé.
Un rire qui sonnait creux.
Un rire pour ne pas penser.
on se lançait des piques pour oublier ce que personne ne voulait nommer :
la peur.
La vraie.
Zone 2123A surnommé ironiquement la péninsule du bain de boue. On disait que cette zone n’était rien d’autre qu’une vaste « péninsule de bain naturel », mais pour condamnés.
La mission, d’ailleurs, n’avait rien d’héroïque : surveiller une frontière sans intérêt, une terre vaguement cartographiée, presque inutile.
Puis, contre toute attente, un miracle :
Un rayon de soleil fendit la chape grise. Une éclaircie.
Une lumière chaude, presque irréelle, glissa sur les blindages détrempés.
Le temps est au beau fixe et ensoleiller, un fait si rare depuis des mois voir des années.
Cela tranchai franchement, cette accalmie fit du bien au moral.
Il était temps de se détacher a l'ambiance pesante grisâtre et teinté de morosité.
Une éclaircie — rare, précieuse — illumina la boue. On entendit des "putain" admiratifs, des œillades qui prirent la lumière comme une permission de respirer. L'accalmie remua quelque chose : la nostalgie d'une vie possible. Félix ferma les yeux un instant et laissa la chaleur du soleil toucher son front par la lucarne.
Félix inspira lentement.
Ce bref moment de lumière lui rappela son père — un homme qui aimait les orages et disait que la lumière la plus précieuse est celle qui vient entre deux tempêtes.
Il sentit un poids dans sa poitrine. Une nostalgie. Un manque. Une fatigue ancienne.
— « Bordel… du soleil. J’croyais qu’on avait oublié à quoi ça ressemblait… » marmonna Arnold, vieux briscard au visage mangé par les cicatrices.
Une trouée de lumière.
Un soleil timide mais réel, presque insolent. Les hommes levèrent instinctivement les yeux, saisis par cet éclat oublié.
— « Putain… on rêve, ou y a vraiment un truc jaune dans le ciel ? » lança Arnold en tirant la tête hors du blindé.
— « Ferme donc ta grande gueule, on va l’effrayer la météo… » répondit Stef en ricanant.
L’éclaircie se résorbe lentement, la pluie recommence, fine, froide... inondant les visages faisant rentrer les têtes dans l’habitacle.
Puis vint le bruit.
Puis les impacts.
Sourds.
Amortis par la boue.
Mais trop réguliers pour être naturels.
Pas un grondement de moteur.
Pas un tir.
Quelque chose de plus grave, de plus organique.
Une vibration lourde qui se répercutait dans la boue, comme un animal géant en approche.
Des bruits de pas.
Rapides.
Multiples.
Comme un troupeau courant dans la gadoue.
Puis le silence.
Un silence d’une densité terrifiante.
Félix sentit ses doigts se crisper sur la poignée de sont fusil d'assaut.
— « Silence et écouter ! » demanda-t-il, la voix mal assurée.
— « C’est juste le sol qui… » répondit Arnold !
— « Chut. »
Les hommes rient, mais des regards inquiets s’échangent.
Même la musique — cette mélodie martiale saturé, si populaire sur la colonie — ne parvient plus à couvrir le grondement lointain, un bruit sourd et répétitif, presque… animal.
Malik
baisse le volume.
Un
son sourd.
Une frappe.
Puis un autre.
Comme des marteaux heurtant la boue.
Une frappe.
Puis un autre.
Comme des marteaux heurtant la boue.
— « Vous avez entendu ? » demanda Stef.
Stoïque personne ne répondit... seul le silence se fit entendre...
Puis des bruits de pas… rapides… multiples… étouffé dans la gadoue.
Puis de nouveau le silence.
Le silence qui suivit fut terrifiant.
Quand enfin—
Soudain, la première explosion.
La première explosion arracha un pan entier du blindé de tête. L’onde de choc traversa la colonne, secoua les tripes, fit éclater des tympans. Les bombes autonomes kavouri, ces obus vivants capables de courir dans la boue comme des chiens enragés. Stoppant l'avancé de la colonne dans sont hélant, la mort s’étaient jetés en pâture sur le véhicules de tête.
Les explosions suivante retourna l’intérieur du véhicule.
Le sol se souleva.
Le métal hurla.
Une onde de choc monstrueuse traversa le blindé, écrasant les poumons des soldats. L’air lui-même sembla hurler. Félix sentit ses viscères se retourner, ses oreilles se remplir d’un bourdonnement métallique. Les bombes autonomes kavouri venaient de trouver leur proie.
Les lumières vacillèrent, les casiers de munitions se renversèrent, les hommes furent projetés les uns contre les autres.
— KAVOURI ! BOMBE AUTONOME
Un choc sourd, les premières bombes autonomes kavouri marche dans la boue, silhouettes compactes, petites et affamées. Elles sautent aux flancs des véhicules, fracassent la tôle, arrachent des membres, pulvérisent des vies en un seul bruit sec.
La cloison explosa.
Arnold et Stef n’ont même pas le temps de crier : il ne reste d’eux qu’un souffle, un nuage rouge, une boue épaisse qui retombe sur les autres. Deux vétérans, qui furent pulvérisés en une pluie de viscères.
Stef et Arnold disparurent dans un geyser de chair et de métal tordu. Et le monde devint rouge. Leur sang éclaboussa l’équipage, une pluie chaude qui scella la panique.
Sous le souffle le véhicule se coucha d'un côté sur la flan comme un animale blessé.
L'équipage s'effondra les un sur les autres les mort et bléser s’entremêlent étouffant les vivants.
Certains hurlaient.
D’autres suffoquaient.
D’autres
braillait sans même comprendre ce qu’ils criaient.
La
panique se répandit comme un incendie. La fumée, les flammes, les
hurlements, la boue contaminée de sang transformèrent l’intérieur
du blindé en enfer claustrophobe.
Puis
le goût du sang lui emplit la bouche.
Félix, tremblant, empoigne son fusil comme un sacerdoce, pousse un cadavre sur le côté
Pris dans un spasme de terreur pure, rampa, poussa, marcha sur des corps — vivants ou morts — pour s’extirper du blindé éventré.
Félix, tremblant, empoigne son fusil comme un sacerdoce, pousse un cadavre sur le côté
Pris dans un spasme de terreur pure, rampa, poussa, marcha sur des corps — vivants ou morts — pour s’extirper du blindé éventré.
— « Dégage ! DÉGAGE ! » cria-t-il en repoussant un camarade blessé.
Inspirant une grande bouffer d'air frais, s'extrait du véhicule comme une seconde naissance.
Félix court, trébuche, marche sur des corps, n’a même pas le temps de regarder s'ils étaient vivant. Il n’y a plus de camaraderie seulement la survie brute, sale, honteuse.
Dehors, l’enfer continuait.
Les bombes kavouri couraient, leurs membres métalliques se déployant comme des spectres difformes. Elles explosaient au contact des soldats fuyant dans la boue. Une pluie de chair et de feu.
Autour de lui, l’enfer.
Des silhouettes en feu.
Des morceaux de blindés projetés comme des feuilles.
Des membres humains plantés dans le sol.
Des cratères fumants.
Des projectiles intelligents, capables de courir, de sauter, de s’acharner jusqu’à trouver une chair où se faire exploser.
Des horreurs de technologie vivante.
Des obus au apparence humanoïde.
Les bombes autonomes kavouri galopent autour des véhicules en feu, explosant au contact des silhouettes humaines.
Félix Bret — vingt-sept ans, artilleur, le visage encore rond d’un garçon qu’on a forcé à grandir — est projeté par les déflagrations. Il trébuche, se relève, marche sur des corps, pousse des camarades blessés, sans distinction : la survie n'a pas d'éthique.
Dehors c'est le chaos les survivants évacue les véhicules en flammes
Les bombe autonome kavouri on eu raison de leur régiment l'heure n'est plus a la mission, mais de sauver sa vie au mépris des grades ou de la camaraderie.
Félix courut.
Pas pour la gloire.
Pas pour la mission.
Juste pour vivre.
Juste pour voir un lever de soleil de plus.
La peur au ventre ils courent coûte que coûte fuyant un ennemie a leur troussent.
Les soldats courent dans la boue de la Zone 2123A rattraper par les bombe autonome kavouri qui explose sur eux.
Félix court, pousse, frappe, se fraye un passage entre les blessés, les cadavres qui glissent comme des ombres sous ses bottes. Le monde se réduit à un pixel de douleur, au supplice d'une respiration qui n'arrive plus. Il voit ses frères, des visages qu'il connaissait, déchiquetés ; il entend la voix d'Arnold, quelque part, comme une chose qu'on appelle par erreur.
Ils s'éparpillent. Certains courent sans direction, d'autres tombent avant même d'atteindre la butte suivante. Félix court aussi — non pas pour la bravoure, mais pour une chose plus simple et plus cruelle : la peur de mourir en restant immobile. Félix obéit, les jambes lourdes, la bouche pâteuse, la tête bourdonnante.
Il sentit un choc derrière lui. Il se retourna. Hadrien — son voisin — avait disparu sous une détonation.
Il ne resta qu’un morceau de son armure et de chair calciné flottant dans la boue.
Félix Bret n’avait jamais été un héros.
Juste un homme trop conscient, trop lucide, trop humain.
— LE CONSEIL DES HUIT.
La colonne n’était plus.
300 hommes… réduits à huit.
À l’abri relatif d’un rocher, ils tentaient de reprendre leur souffle. Le monde vibrait encore comme un tambour lointain.
Le silence est presque religieux.
On n'entend plus que la pluie, les gouttes glissant sur les visages boueux.
Les survivants, haletants, traumatisés, trouvèrent refuge derrière se rocher. Félix s’y laissa tomber, dos contre la pierre, l’ombre couvrant son visage incliné.
S’y effondra, tout en essuyant machinalement le sang séché sur sa joue.
Ses mains tremblèrent.
Son regard se perdit dans le vide.
On ne saurait dire si ce sang est le sien ou celui de Stef et Arnold.
Cela n’a plus vraiment d’importance.
Son visage était tourné vers le sol, mais ses pensées étaient loin.
Peut-être sur la Terre qu’il n’avait pas revue.
Peut-être sur un serment oublié.
Peut-être sur rien, simplement vidé.
Mais le monde n’en avait pas fini avec eux.
Il fallait retourner là-bas.
Retourner dans le cimetière boueux.
Trouver une balise de détresse.
Sans cela… personne ne les chercherait.
Pourtant il faut y retourner sur les lieux pour enclencher la balise de détresse pour l 'évacuation des miraculés.
Un soldat à la voix enrouée murmura :
— « On est foutus. »
— « Pas encore. » répondit Félix, essoufflé.
On… on doit activer la balise. Sans ça, personne ne viendra.
— « Ta gueule Félix. Stef et Arnold sont morts sous tes yeux. Et on doit retourner là-bas ? Non. Non, c’est mort — »
— « On n’a pas le choix. La balise. Sans ça… personne viendra. »
Ils savaient tous qu’il avait raison.
Mais la peur leur nouait la gorge.
Riva
(voix tremblante)
Ils… ils les ont massacrés. Même les blessés… Ils les cherchaient… comme des chiens.
Jonas
Tu crois vraiment qu’on compte pour eux ? Regarde autour de toi. On est déjà morts. C’est juste qu’on bouge encore un peu.
Marco
Arrête tes conneries. Tant qu’on respire… on se bat.
Félix observe le champ de bataille.
Ses yeux reflètent les flammes et la désolation.
Félix
(amer, mais calme)
On a besoin d’une balise fonctionnelle.
Pas d’un lâche de plus caché sous un caillou.
Il sourit — un sourire triste, résigné.
Il tremblait.
Ses yeux, perdus dans un horizon impossible, trahissaient une mélancolie lourde, écrasante.
— « On… on doit retourner là-bas… » Félix dit d’une voix cassée.
— « Jonas ? Hé… Jonas … ça va ? » demanda le sergent Harlon, la voix prête à se briser.
— « Je… je veux rentrer. » murmura Jonas.
— « On peut pas. Pas encore. Il reste des bombes. »
— « Alors pourquoi on n’est pas morts ? »
— « Parce que quelqu’un doit activer une balise. » répondit Félix !
Un silence.
Un silence lourd.
Un silence qui disait : c’est nous ou personne.
— « On doit retourner là-bas… ? »
— « T’es fou ! » répondit Jonas !
— « Sans balise, aucun renfort ne viendra. On peut pas rester ici. »
Le sergent Harlon.
— « T’es malade… Elles sont encore là… »
— « La balise de secours est dans un des blindés. Si on l’active pas… on crève ici. Tous. »
Félix observe le champ de bataille.
Ses yeux reflètent les flammes et la désolation.
Félix
J’y vais.
Un éclat de panique envahit les autres.
Félix
(amer, mais calme)
Sergent Harlon… On a besoin d’une balise fonctionnelle. Pas d’un lâche de plus caché sous un caillou.
Il sourit — un sourire triste, résigné.
Malik
(tentant une plaisanterie)
Tu veux une médaille si tu reviens ?
Félix
Non…
Juste… que quelqu’un se souvienne que j’ai essayé.
Il tremblait.
Ses yeux, perdus dans un horizon impossible, trahissaient une mélancolie lourde, écrasante.
Félix
ferma les yeux. Il savait qu’il avait déjà franchi trop de lignes
pour espérer revenir entier de cette guerre.
— « On est d’accord… il faut y aller. »
Félix releva la tête.
Ses yeux étaient ceux d’un homme qui a trop vu en trop peu de temps.
Félix
se redresse. Il a la boue jusque dans les cils. Ses mains tremblent,
mais sa voix est étrangement calme.
Marcher à nouveau dans ce charnier ?
Le courage… je ne sais même plus si j’en ai encore.
Mais si je n’y vais pas…
Alors à quoi bon avoir survécu ? »
Ils se levèrent, l’un après l’autre.
Pas parce qu’ils étaient des héros.
Parce qu’ils n’avaient pas le choix.
Mais il fallait retourner là-bas.
Retourner au champ où les bombes rôdent encore.
La logique militaire est cruelle : la balise est leur dernier ticket.
Retourner dans cette nécropole fumante pour trouver une balise de détresse encore en état.
Condition indispensable sans balise, pas d'EVAC, pas de sauvetage.
La mission trouver un véhicules encore potentiellement intact.
La marche vers les épaves.
Ils se levèrent, leurs bottes s’enfonçant profondément dans la boue.
Chaque pas était une prière.
Chaque respiration, un risque.
Ils se donnent un plan : couverture rapide, sprint en V...
Les véhicules détruits formaient un paysage de métal tordu.
La pluie reprenait doucement, comme pour engloutir leurs traces.
Les pas de Félix sont lourds, chaque mètre un effort. Il voit des silhouettes.
Il voit des visages qu'il reconnaît à peine.
Ils firent une halte pour donner les dernière instructions comme un testament.
— « Attention aux obus… y en reste deux, peut-être trois… »
— « Je déteste cet endroit. »
—« Je déteste cette mission. »
— « Je déteste la vie. » murmura un autre.
Ils se remirent en route, à pas feutrés, tous les sens en alerte, scrutant chaque carcasse, chaque silhouette brisée. Les blessés rencontrés avaient été massacrés. Plus rien ne bougeait.
Ils marchèrent en silence vers les carcasses encore fumantes.
Les morts étaient partout. Certains avaient tenté de ramper.
Malgré les appelles personne ne répond.
Le silence est retombé.
Silence.
Un silence de résignation.
Un silence épais, poisseux, presque irréel après le vacarme des explosions.
Personne ne parle, Félix inspire profondément.
Puis avance...
Les survivants ont dépassé la frontière du choc et marche maintenant dans une torpeur mécanique.
Le regard lointain prenant leur courage a bras le corps il rassemble leur dernières force pour lancer l'assaut.
En formation courant a pas feutrer tout leur sens sont en alerte.
Accompagné de trois hommes Félix file vers le char qui semble encore intact. Les autres restent en poste, se tenant debout comme on maintient une flamme vacillante.
La pluie s’est arrêtée depuis une heure, mais la boue continue de goutter des parois des blindés calcinés. L’air est chaud, saturé d’une vapeur lourde.
On n’entend que les respirations saccadées des huit survivants.
Il faut inspecter les carcasse des véhicule a la recherche d'une balise de détresse encore valide
C'est le silence pas une âme en vie.
Ils fouillèrent un premier véhicule : rien.
Puis un deuxième : la balise était détruite.
— « Nada… cette foutue balise est morte… »
Alors ils tentèrent un autre.
Une dernière fois.
Devant lui, le blindé numéro 27B gît, penché sur le flanc.
Un blindé encore à peu près intact.
Sa coque est éventrée, mais le compartiment interne semble complet.
— « C’est notre meilleure chance… » murmure-t-il.
Il voit sa propre main qui serre la poignée de la porte comme si c'était la seule chose qui le retenait au monde. Il entre. On n'entend plus que la pluie sur les parois, les gouttes glissant sur les visages des cadavres. À l'intérieur, la cabine est une chambre d'agonie — fumée, câbles brûlés, sang. Il fouille. Ses doigts tremblent. Il renverse des sièges, soulève des cadavres, cherche dans les décombres. Puis il la trouve.
Miracle ou hasard — Là, au prix d’une fouille frénétique : une balise encore intacte, coincée sous un panneau déformé .
Un souffle de soulagement parcourut le groupe.
Ils étaient sauvés. Peut-être.
Félix la prit.
Ses mains tremblaient.
— « Je l’ai ! » dit Félix, sa voix tremblant d’un mélange d’espoir et de folie.
— « Vas-y… active-là ! »
Un clic.
Un bip retentit.
Un signal s’éleva.
La balise émet un signal aigu et timide qui, pourtant, perce l'air comme le battement d'un cœur.
— « On est sauvés… putain, on est sauvés… » souffla Félix, un rire nerveux aux lèvres.
Félix se relève, se dirige vers la sortie en lançant un cri de joie.
Telle un enfant il sortit du blindé, sautant a pied joins dans la boue.
— BALISE ENCLENCHEE ! crie-t-il. Ils arrivent — préparez-vous !
La bombe Kavouri bondit.
Il ne vit pas la silhouette attendre entre deux cadavres.
Un flash.
La lumière blanche.
Un grondement.
Puis le silence funèbre... la pluie repris son dû... monotone.
Il n’avait pas eu le temps de savourer l’idée d’être sauvé.
Leur sacrifice n’était pas vain.
Félix et trois de ses camarades avait enclenché la balise.
— USCA (Synthétique Unité Combat Autonome).
Les quatre survivants restants, transpirant sous la chaleur de la boue qui s’évaporait.
L'attente est longue... bien plus que la chaleur ambiante cela vous donne des sueurs froide.
Vaisseau d'évacuation se profile a l'horizon.
Les USCA survolaient la zone.
Ils firent un scan, balayèrent la zone.
Puis une analyse.
Envoyer en renfort l'équipage est constituer uniquement d' USCA (Synthétique Unité Combat Autonome). La mort est pour eux une inconnu une algorithme programmé. En haut lieux le coût des perte des unité synthétique est rédhibitoire au sauvetage du soldats lambda. L'algorithme de l'Analyse a été passé a 40 % de risque acceptable pour les unité synthétique ! L’algorithme a été calculer en fonction des intérêt économique. Le soldat lambda a un coup mineur sur le budget militaire, du consommable a bas coup. Les synthétiques on une plus grande valeur économique. Une poignet d'artilleur on survécu abandonnant leur véhicules, au loin les canons automoteur sont en flamme.Il faut éradiquer la menace kavouri et n’arrivant pas identifier l'ennemie de leur propre troupe Suivant leur algorithme des 40 % les USCA jugent les risques trop important. La décision fut prise d'éliminer et de faire place net sans la moindre distinction.
— Synthétique !
Les synthétiques ne connaissaient pas la mort.
Un algorithme suffisait.
Un calcul de rentabilité. Leur “risque acceptable” venait d’être augmenté à 40%, ordre du haut commandement.
Une manière élégante de dire : Les humains coûtent moins cher à perdre.
L’algorithme a été calculer en fonction des intérêt économique. Le soldat lambda a un coup mineur sur le budget militaire, du consommable a bas coup. Les synthétiques on une plus grande valeur économique.
Les hommes sont paralysés par la froideur du terme. Indifférenciés. La machine ne voit pas les noms : Félix, Stef, Arnold. Elle ne voit que coûts et probabilités. Le calcul décide.
Niveau de menace : ÉLEVÉ.
Présence hostile inconnue : CONFIRMÉE.
Pertes acceptables : 40 %.
Valeur humaine : NÉGLIGEABLE.
— « Risque de 40% dépassé.
Décision
: élimination. »
Programmé pour évaluer le risque.
Et ce jour-là, le calcul froid donna son verdict :
40 % de risque acceptable ou non ?
Les humains, eux… ne comptaient presque pas dans l’équation.
« Risque trop élevé.
Aucune distinction possible.
Exécution recommandée. »
Les survivants échangèrent un regard d’incompréhension, puis d’horreur.
Les USCA lèvent leurs armes.
Les synthétiques tirent.
Sans colère.
Sans haine.
Sans hésitation.
Juste… logique.
Juste… économique.
Protocole 7C : neutralisation totale de la zone.
Zéro tolérance. » Les soldats humains n’eurent même pas le temps d’épauler leurs armes.
Le feu tomba sur eux.
Les cadavres fumants des survivants se mêlèrent à ceux des 300 hommes du régiment.
La suite fut brève.
Et silencieuse...
La Zone 2123A reprit son calme.
Un calme gris, poisseux, qui ne garderait aucune mémoire de ce qui s’était passé.
— La mission !
La mission était simple : tenir une frontière qui n'intéressait personne. Aujourd'hui, elle a le goût amer d'un oubli programmé.
Les cadavres fumants des survivants se mêlèrent à ceux des 300 hommes du régiment.
Pas une distinction.
Pas un dilemme.
Comme si rien n’avait eu lieu.
Comme si la boue seule avait droit de mémoire dans ce monde.
Les Synthétiques.
Des machines.
Des algorithmes.
Juste une ligne de code appliquée sans hésitation.
Une erreur de plus qui figurera au palmarès a la réputation déjà sulfureuse des unité des USCA. (Synthétique Unité Combat Autonome) la mort vous va si bien.
Dans la Zone 2123A, la mort n’avait plus de visage.
Seulement des paramètres.
Et l’économie avait décidé.
Félix Bret avait enclenché la balise.
Il avait sauvé quatre hommes…
qui furent abattus pour raison économique.
Juste une ligne de code appliquée sans hésitation.
Félix Bret et ses frères d’armes…
Le diable n’avait même pas eu besoin de les chercher.
On les avait livrés à lui pour raison budgétaire.
L’Empire retiendrait une nouvelle fois cette vérité funeste :
Pour raison économique « La mort vous va si bien… »
La lumière la plus précieuse est celle qui vient entre deux tempêtes.
La pluie reprit ses droit... monotone.
